Mardi

Les supports pdf des trois conférences sont maintenant disponibles ci dessous :

Vers un traitement réellement durable des eaux résiduaires urbaines.

Vers une gestion réellement durable de l’eau potable et de l’eau destinée à l’agriculture.

La science du génie sanitaire: devant de nouveaux paradigmes?

Le mardi 25 sera un moment fort de la semaine puisque l’Agro accueillera un scientifique de renommée internationale en ce qui concerne la

gestion durable de l’eau

il s’agit de M. Joseph Orszagh, qui est à l’origine du concept d’ « eautarcie« , et des Toilettes à Litières Biomaîtrisées, qui sont les toilettes sèches « classiques » aujourd’hui. Il vit lui-même dans une maison complètement indépendante au niveau de l’eau, et vient de Belgique pour cette conférence, alors qu’il a normalement arrêté d’en donner depuis quelques années à cause de la fatigue que cela entraine. C’est donc une occasion unique pour vous d’aller écouter cet homme d’une grande envergure!

Pour avoir plus de détails avant la conférence sur le travail de M. Orszagh sur la gestion durable de l’eau, vous pouvez consulter son site internet qui est très complet, ou lire ce qui suit.

RDV à 17h30 en amphi Tisserand!

Présentation détaillée de l’intervention:

Joseph Országh, ancien professeur de l’Université de Lubumbashi au Congo et chercheur à l’Université de Mons-Hainaut en Belgique, a été pendant 16 ans membre de la Commission Gouvernementale des Eaux de la Région wallonne. Les dernières 30 années de sa carrière ont été consacrées aux recherches sur la gestion durable de l’eau dans le monde.

Comme application pratique de ses idées sur le terrain, il a lancé le concept de l’EAUTARCIE ou la gestion durable de l’eau dans l’habitat. L’EAUTARCIE est l’ensemble de deux systèmes complémentaires : le système PLUVALOR ou la valorisation intégrale de l’eau de pluie et le système TRAISELECT ou le traitement sélectif des eaux usées. Une habitation en « EAUTARCIE » a un impact nul sur l’environnement hydrique. L’eau des précipitations qui tombe sur le toit y est stockée et traitée pour tout usage domestique. Les eaux usées sont épurées dans un petit système enterré et infiltrées dans le sol du jardin. Les eaux épurées répondent bien souvent aux normes pour l’eau potable. Une telle maison n’est reliée ni au réseau de distribution d’eau ni aux égouts.

La toilette à litière biomaîtrisée ou TLB lancée par Joseph Országh est une pièce importante de l’assainissement écologique. Sous sa forme actuelle, son usage est cependant limité aux habitats ruraux et péri-urbains.

Contrairement aux idées reçues, les concepts de l’EAUTARCIE et du principe de la toilette à litière biomaîtrisée (TLB) sont également transposables en milieu urbain. A l’état actuel de nos connaissances et des techniques, avec quelques mises au point, on pourrait, dès à présent, construire des quartiers urbains à habitat vertical, qui ne polluent plus les eaux, pèsent moins sur les réserves hydriques, et gèrent la totalité de déchets organiques pour la régénération des terres agricoles.

L’idée-force de Joseph Országh est le lancement d’un projet mondial de biomasse, dont la mise en application sortirait intégralement l’humanité de ses problèmes d’eau en moins de deux générations (± 50 ans). Il en résulterait également une forte atténuation des tendances aux changements climatiques.

1ere conférence:

La science du génie sanitaire: devant de nouveaux paradigmes?

Le cadre juridique pour le traitement des eaux résiduaires urbaines est défini par la directive 271/91 de la Communauté européenne. Depuis le lancement de cette loi, les techniques, mais aussi les mentalités ont évolué… Il n’en est pas moins vrai que l’objectif fixé par la directive reste encore valable.

Il est donc intéressant d’examiner les techniques actuelles du génie sanitaire à la lumière de la directive pour savoir dans quelle mesure l’esprit et les lettres de la loi ont été respectés.

La situation actuelle de l’assainissement est le résultat d’une série d’options, et de l’application de quelques principes de base issus d’une évolution historique des idées et des techniques. L’émergence de ce qu’on appelle « Assainissement écologique » ou ECOSAN remet en question les options actuelles. Dans la catégorie ECOSAN, on trouve actuellement des techniques dont certains constituent une avancée dans la protection de l’environnement, tandis que d’autres relèvent encore de concepts dépassés.

D’après Joseph Országh, il est temps d’établir et de bien définir les nouveaux principes de base de la science du génie sanitaire, principes qui deviendront sans doute les nouveau paradigmes de cette science. Il propose l’extension du génie sanitaire à l’approvisionnement en eau de la population. De ce fait, les six principes de base qu’il a formulés pour l’Assainissement Écologique concernent aussi bien l’eau potable que les eaux usées.

2ème conférence:

Vers un traitement réellement durable des eaux résiduaires urbaines.

L’EAUTARCIE est l’application sur le terrain des six principes de base de l’assainissement écologique.

Dans le système TRAISELECT les eaux savonneuses (eaux grises) sont collectées sélectivement et traitées dans un petit système d’épuration enterré. Une des variantes de ce système alimente un petit étang décoratif (environ 1 – 1,5 m² de surface par personne) situé au jardin. Dans cet étang, l’eau répond souvent aux normes pour l’eau potable.

Grâce à l’usage d’une TLB, il n’y a pas de production d’eaux vannes (eaux fécales). Cette toilette sèche se trouve à l’intérieur de l’habitation et ne cause pas plus de nuisances olfactives qu’un W-C classique. Son placement ne nécessite ni de tuyau d’évacuation ni de système de ventilation. Les effluents de la toilette sont compostés dans le jardin. Les idées reçues au sujet des traitements des déjections humaines assimilées à une matière première, ne résistent pas à une analyse scientifique rigoureuse.

Joseph Országh esquisse aussi les grandes lignes pour l’assainissement réellement durable des centres urbains où les eaux grises et les eaux vannes sont collectées dans deux systèmes d’égouts séparés et traitées suivant leur spécificité.

L’épuration sélective des eaux grises urbaines fait appel, non pas à l’épuration par les plantes, mais à une épuration utilisant la lumière du jour. Les eaux rejetées en rivière contiendront – d’après les mesures préliminaires faites en laboratoire – moins de nitrates que l’eau de distribution utilisée par les ménages. Dans ces eaux, on notera l’absence totale de résidus de médicaments (qui se trouvent uniquement dans les eaux vannes). En l’absence de lessives phosphatées, tous les facteurs d’eutrophisation des rivières sont intégralement éliminés.

Le traitement sélectif des eaux vannes concentrées, issues d’un nouveau type de toilette la turbo-toilette ou T-T en abréviation, servent à imprégner des déchets organiques à prédominance cellulosique. Parallèlement au placement de nouvelles toilettes et celui d’un réseau de collecte des eaux vannes, on organisera le ramassage sélectif de la fraction fermentescible des ordures ménagères, conjointement aux autres déchets cellulosiques: tout déchet de papier impropre à la fabrication du papier recyclé (cartons d’emballage, papiers souillés, etc.), bois d’élagage des espaces verts publics, déchets vert des jardins, emballages broyés en bois (caisses, palettes) et éventuellement de déchets de l’industrie du bois. Ces déchets imprégnés d’eaux vannes seront compostés en vue de la fabrication d’un amendement organique de très haute valeur pour la régénération des terres agricoles dégradées par l’agrochimie.

Les impacts environnementaux des options pour la valorisation énergétique de la biomasse sont également à examiner dans l’optique de gestion durable. Elles sont intimement liés à la gestion de l’eau. Le gâchis environnemental résultant de la combustion insensée de la biomasse (bio-méthane, bio-carburants, pellets, etc.) compromet sérieusement l’avenir de la biosphère. La destruction massive de la biomasse, sous prétexte d’épuration ou de valorisation énergétique ne fait pas partie des options d’un monde durable.

3ème conférence:

Vers une gestion réellement durable de l’eau potable et de l’eau destinée à l’agriculture.

Il n’est pas inutile de rappeler les impacts environnementaux des options actuelles pour approvisionner la population et l’agriculture en eau. En continuant sur notre lancée, les perspectives ne sont pas encourageantes – et c’est le moins qu’on puisse dire.

Des pistes intéressantes sont à explorer, toujours en application des six principes de base de l’assainissement écologique.

La valorisation intégrale de l’eau de pluie dans les habitats urbains et ruraux offre l’opportunité d’assurer de l’eau potable de très haute qualité à tous les habitants de la planète pour un investissement dérisoire par rapport aux prévisions actuelles. Les impacts favorables sur la santé publique à l’échelle mondiale sont tout à fait évidents.

Plus près de nos préoccupations, le système PLUVALOR, ou la VALORisation de l’eau de PLUie, est un système qui va de la production d’eau bio-compatible (donc mieux que « potable ») dans les appartements urbains, jusqu’à l’autonomie en eau dans les habitats péri-urbains et ruraux.

Il est instructif d’analyser les idées reçues concernant la valorisation domestique de l’eau de pluie. Ceux qui émettent des réserves concernant cette pratique devraient méditer quelques données concernant la gestion de l’eau dans le monde :

  • Toute eau douce disponible sur terre provient des précipitations. C’est donc la source primaire de toutes les eaux douces (non salées). Les substances indésirables dans les eaux naturelles proviennent essentiellement de la pollution après la tombée des précipitations.
  • Au long de son cycle naturel, c’est au moment ou elle tombe des nuages que l’eau est de loin la plus propre – même en présence de pollution atmosphérique.
  • La qualité de l’eau de distribution et celle obtenue au départ de la citerne à eau de pluie, doit être comparée au niveau du robinet de l’utilisateur et non au niveau de l’eau qui tombe sur les toits et au niveau des citernes.
  • Avec l’extension de la pollution généralisée, la seule ressource d’eau de haute qualité disponible à tous, est l’eau des précipitations.

Seule la gestion décentralisée de l’eau potable permet l’application du premier principe de l’assainissement écologique, à savoir: adapter la qualité de l’eau aux usages qu’on en fait. C’est la voie incontournable pour une gestion durable de l’eau dans le monde.

L’eau utilisée dans l’agriculture est intimement liée aux usage et gestion urbains de l’eau. Actuellement, avec la distribution centralisée et le système (scientifiquement absurde) du « tout à l’égout » nous sommes à l’antipode de la gestion durable de l’eau. Dans de nombreuses régions, on prélève plus d’eau des réserves souterraines que la quantité qui s’y infiltre au départ des précipitations. Cette situation intenable remet en question non seulement la gestion urbaine des eaux, mais aussi les techniques agricoles actuellement utilisées.

Les villes qui appliquent les six grands principes de l’assainissement écologique, prélèveront de 20 à 40 % moins d’eau de nos réserves que les villes actuelles. De plus, la totalité des eaux usées (des eaux grises) produites pourront servir à l’agriculture sans risques sanitaires et sans pertes.

Parallèlement à la nouvelle orientation de la politique urbaine de l’eau, il y a lieu de réorganiser la production agricole. Le temps de produire n’importe quoi, n’importe quant et n’importe où, du moment que cela rapport de l’argent, est révolu. L’agriculture d’un monde durable doit sortir de la logique commerciale et industrielle. Le centrage des activités sur les terroir et l’abandon des méthodes industrielles devient de plus en plus urgent.

Un des objectifs de la nouvelle agriculture est l’autosuffisance alimentaire par terroir. Les transferts de produits alimentaires devraient être limités aux terroirs voisins. Il convient d’abandonner complètement la spécialisations dans les productions agricoles et réduire la taille des exploitations à l’échelle familiale ou l’échelle de petites communautés. Une unité agricole est un organisme complet où les productions végétales et animales se complètent. En matière d’approvisionnement alimentaire de la population, il faut mettre en avant les circuit courts de commercialisation : le contact direct basé sur la confiance mutuelle entre le producteur et le consommateur est le pilier de la sécurité alimentaire.

Une agriculture de terroir adaptée aux conditions édaphiques et climatiques est très économe en eau et garantit le maintien de la biodiversité.

Quant à la valorisation énergétique de la biomasse, il faut limiter, autant que faire se peut, la combustion directe, au profit des filières de production d’énergie thermique de basse température.

Dans un monde durable, le développement de trois secteurs d’activité s’impose de lui-même à l’échelle mondiale:

  • Le compostage thermogène pour la production d’énergie (surtout pour le chauffage de base des bâtiments), tout en produisant un amendement agricole de haute valeur.
  • Le compostage pour la dé-pollution et la régénération des friches industrielles, des terres dégradées et des territoires jusqu’à présent inutilisables pour la production agricole.
  • Les techniques pour la reconquête des déserts.

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